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Interview de… Alain Derly (Paris Cycliste Olympique)

 

Alain Derly est un véritable joueur de vélo ! président de la Commission Cyclisme en Salle et Polo-Vélo au sein du CIF, Alain ne s’ arrête pas là, loin s’en faut ! Il est aussi vice-Champion International de Polo-Vélo en titre, discipline dont il est l’ entraîneur assidu dans son club du Paris Cycliste Olympique, et qu’il aide ardemment à développer en Ile-de-France (et plus haut), et fervent supporter du Cycle-Balle (en salle) qu’il commence à importer en Ile-de-France.

Radio Peloton: Ton engagement est très fort en Polo-Vélo et nouvellement en Cycle-Balle, quelles sont tes motivations?

Alain Derly: J’adore le cyclisme sous toutes ses formes. Il y a déjà du monde compétant pour développer au niveau régional la Route, la Piste, le Cyclo-Cross, le VTT et le BMX, mais très peu en Polo-Vélo et en Cycle-Balle. Si je veux continuer à jouer, il me faut des joueurs autour de moi ainsi que des adversaires. Je m’efforce donc de développer tout ça en m’efforçant que chacun y prenne du plaisir.

RP: Peux-tu nous raconter ton parcours sportif?

AD: J’ai officiellement démarré le cyclisme à l’école de vélo de l’E.S. Gervaisienne et Lilasienne (ESGL) en 1979. En 5 ans, j’ai décroché 15 victoires individuelles et plusieurs très bon résultats par équipe dont le titre de vice-champions d’Ile-de-France.J’ai démarré le Polo-Vélo en 1984. J’avais des cousins éloignés qui avaient été champions de France en 1975 et 1984. On a débuté à l’ ESGL sans connaissance mais on s’amusait beaucoup.J’ai ensuite entamé la Route en minime en 1985. Sur mes années 3 ans de minime et cadet, j’ai eu 4 victoires, toujours en sprints massifs.
En juniors, un peu de Piste, puis j’ ai privilégié mes études.J’ai continué le Polo-Vélo, en courant sur route une à quatre fois par an juste pour préparer quelques échéances en polo-vélo.De 1992 à 1995, j’ai encadré les plus jeunes joueurs de polo-vélo du club, qui ont décrochés deux médailles d’or et deux médailles d’argent au championnat de France junior entre 1992 et 1995. Puis mon frère Didier a pris la place d’entraîneur.En tant que joueur à l’ESGL, j’ai connu de très bons résultats : Champions de Seine-Saint-Denis 1986, champions d’Ile-de-France 1998 et 1999, médaille de bronze au championnat de France junior 1989, médaille de bronze en Coupe d’Europe 2007, 2010 et 2011, vainqueur de la Coupe d’Automne 2010 et du Tournoi du Centenaire des Jeux Olympiques à Londres en 2008. J’ai aussi joué 13 fois en équipe de France : six fois en 2002 pour le Championnat International aux Lilas, 3 fois en 2007 pour le Phoenix Trophy à Dublin (équivalent du Tournoi des 6 Nations) que l’on a remporté et 4 fois en 2015 pour le Championnat International que l’on a perdu en finale face aux Etats-Unis.En 2009, j’ai repris la route et la piste en départemental 3. J’ai alors poussé l’E.S.G.L. à lancer ses jeunes sur piste et à co-organiser avec l’E.C. Aulnay.
A partir de 2009, j’ai alterné deux ou trois disciplines par an : route, piste ou polo-vélo. Le cyclo-cross et parfois le VTT me servaient d’entraînements.
Sur route, j’ai eu 3 nouvelles victoires réparties entre 2009, 2011 et 2013.
Sur piste, entre 2009 et 2014, j’ai obtenu 12 victoires chez les Vétérans Parisiens, 2 médailles d’argent et 6 médailles de bronze aux championnats d’Ile-de-France « Masters » (vitesse, kilo, 750 m) et une médaille de bonze au championnat d’Ile-de-France de poursuite par équipe toutes catégories en 2011 avec Thomas Bacon dans une équipe-tempête de Seine-St-Denis. J’ai rejoint en 2014 le Paris Cycliste Olympique.

RP: Tu es aussi l’un des grands développeurs du Polo-Vélo, de l’échelle régionale jusqu’à l’international…

AD: En effet, en 2010, j’ai poussé le Comité d’Ile-de-France à monter à nouveau une commission régionale de polo-vélo qui n’existait plus depuis 1996. Avec le soutien de feu Christian Dague et du CSM Clamart, un tournoi d’initiation pour les écoles de vélo s’était monté en 2009, devenu aujourd’hui le TRJJ. J’ai pris la place de Christian Dague à la tête de cette commission régionale en 2012 suite à son décès.
J’ai eu la chance d’être élu au comité directeur du CIF en janvier 2013. Je dirige logiquement la commission de polo-vélo qui s’est enrichie du cyclisme en salle en 2015.Au niveau international, en 1998, j’ai monté www.polo-velo.net, ce qui m’a permis de rentrer en contact avec des joueurs en Europe, en Amérique et en Asie. Cela m’a donné l’envie de développer le polo-vélo français à l’international. J’ai eu la chance d’être soutenu par mon club, l’ESGL, et par les mairies du Pré-Saint-Gervais et des Lilas. On a alors monté des organisations internationales aux Lilas et à Bobigny et participé à pas mal de compétitions internationales au Royaume Uni, en Irlande, aux Etats-Unis, au Canada et même en Inde entre 2000 et 2012.
Parlant anglais, j’ai été le représentant de la FFC lors de la constitution des règles internationales depuis 2001. J’ai encadré les équipes de France entre 2001 et 2006 lors des Championnats Internationaux. Et j’ai également lancé l’idée de la Coupe d’Europe des clubs qui se joue depuis 2007.

RP: Penses-tu que le Polo-Vélo est « sous-pratiqué » ?

AD: Avec une petite dizaine de clubs franciliens dont au moins un licencié a pratiqué le polo-vélo sur la saison 2014-2015, effectivement, le polo-vélo est sous-pratiqué en Ile-de-France. Mais il l’est beaucoup plus qu’ailleurs, où il n’y a qu’un ou deux clubs en Aquitaine, Région Centre ou Normandie, voire pas du tout dans la plupart des autres régions ! Il faut donc voir le côté positif des choses !Et du positif, il y en a : quand je vois que le tout récent vainqueur du Tro Bro Lén juniors 2016, Valentin Sellier, a remporté avec son club, le PAC 95, le Trophée Régional des Jeunes Joueurs de polo-vélo en 2011 à Alfortville, j’ai la faiblesse de penser que les initiations et entraînements au Polo-Vélo lui ont été utiles pour se positionner correctement dans cette superbe course.Si beaucoup de dirigeants n’emmènent pas leurs jeunes sur les tournois de polo-vélo, c’est bien souvent par ignorance et du fait de fausses idées reçues : ignorance d’une discipline qu’il ne connaissent pas, du calendrier de polo-vélo (malgré la communication faite) et des qualités que développe le polo-vélo chez un coureur : agilité, vélocité et esprit d’équipe pour ne citer que les principales.
Peu d’entraîneurs sur route savent que la fréquence de pédalage développée en polo-vélo (on est limité à un développement de 3,5 m maxi par coup de pédale) pourra leur servir en course sur route, sur piste ou en cyclo-cross. J’ai d’ailleurs un exemple concret récent : lors des tests franciliens des minimes 2 et cadets pratiqués en janvier 2016, un de mes cadets, qui ne fait que du polo-vélo et pas du tout de route, a atteint une vélocité maximale de 216 tours de pédales par minute. Certes, les 23 meilleurs franciliens tournaient entre 220 et 238. Mais combien tournaient sous les 216 ? 121 coureurs !Peu d’entraîneurs savent que la fréquence cardiaque monte aussi haut dans un match de polo-vélo de haut niveau que dans une course aux points ou une américaine au niveau régional.Avec pourtant très peu de kilomètres effectués sur un match ou un entraînement : entre 5 et 6 km pour un entraînement de 2 h et jusqu’à 10 km pour un match d’une heure en championnat de France.
Effectuer un entraînement ou un match de polo-vélo la veille d’une course sur route ne crève donc pas un coureur, bien au contraire : ça le « débloque » pour le lendemain !
Beaucoup d’entraîneurs pensent à tord que le polo-vélo est dangereux. Je n’ai pourtant jamais vu de grosses blessures en polo-vélo en plus de 30 ans de pratique.

RP: A quel niveau de popularité aspires-tu à voir le Polo-Vélo, le Cycle-Balle, et l’ Artistique évoluer, dans la région?

AD: J’aimerai que 20 à 30 clubs franciliens participent à au moins une épreuve de polo-vélo chaque année. Depuis 2-3 saisons, le polo-vélo repose sur le PAC 95, l’Argenteuil VSC, l’US Alfortville et le Paris CO. C’est trop peu. Il faudrait 10 à 15 clubs organisateurs et participants réguliers à différents niveaux de compétition pour réellement solidifier le polo-vélo en Ile-de-France. Cela va prendre du temps pour monter ça, car nos dirigeants sont très souvent « mono-disciplines » dans leurs compétences et dans leurs habitudes : route, VTT ou BMX. Même s’il y a un bon essor du cyclo-cross dans notre région depuis quelques années, même si l’on a de très bon spécialistes de la piste, rares sont les entraîneurs qui osent aller voir ce qui se passe dans la discipline d’à côté. Il nous faut donc à tout le moins proposer des formations pour ces entraîneurs, car ils ne pourront pas se mettre au polo-vélo tout seul.
La commission régionale de polo-vélo a monté cette année une formation d’arbitres régionaux et prévoit de monter une formation d’entraîneur-club à l’horizon 2017.En matière de cycle-balle, nous en sommes aux balbutiements. J’espère que nous aurons 2 ou 3 clubs qui se seront lancés d’ici la fin de l’année afin de monter quelques petites compétitions régionales qui nous permettront de progresser dans les années à venir pour nous confronter aux « grosses » régions en la matière que sont l’Alsace, la Lorraine, le Rhône-Alpe, l’Auvergne et la Provence. L’idéal serait d’avoir une dizaine de clubs investis d’ici 5 ans.J’espère aussi que le cyclisme artistique pourra prendre ailleurs qu’à Puteaux dans les années à venir. La réussite passera là aussi par la formation d’entraîneurs-club. La commission nationale est en train de monter des formations de ce type.

RP: Si tu devais ne te consacrer qu’ à une seule discipline en tant qu’ athlète, laquelle choisirais-tu?

AD: Dans un premier temps, je me consacrerais sans doute au BMX. J’ai passé mon examen d’entraîneur-club en BMX en 2013 et d’arbitre régional de BMX en 2014, mais bien qu’ayant arbitré quelques fois l’an dernier, je n’ai encore jamais pratiqué cette discipline en compétition.Mais je crois que je reviendrais à la piste tôt ou tard : j’adore trop les épreuves de sprint pour ne pas y revenir un jour pour le plaisir.

RP: Pour éviter tout amalgame, quel est la différence entre le Polo-Vélo FFC et le Bike-Polo Urbain?

AD: Le polo-vélo pratiqué à la FFC se joue avec 5 joueurs sur un terrain en herbe de 100 m X 60 m avec une balle de handball de taille 0 et des maillets dont la masse est en bois et le manche en rotin manau.Le polo-vélo urbain ou « hardcourt bike polo » (pas FFC) associe 3 joueurs sur un terrain en bitume ou en béton de 30 m X 15 m environ avec une balle de rink hockey et des maillets avec masse en plastique creux et manche en alu.Les contacts sont autorisés en « hardcourt » alors qu’ils ne le sont pas sur herbe.

 

RP: Quel sont tes prochaines échéances ?

AD : participer au 11ème Championnat International en Inde en septembre et à la phase finale du championnat de France de cycle-balle les 22 et 23 octobre à Puteaux. Et monter une formation d’entraîneurs-club en polo-vélo pour 2017 maxi.

 

Propos recueillis par Michel Vanvynckt.

Le mot de Michel Vanvynckt :« Merci Alain, j’ ai pu tester et adopter ces disciplines en grande partie grâce à toi, il m’ est très difficile de trouver
des partenaires dans l’ Essonne mais l’ esprit d’ ouverture et de partage des quelques clubs pratiquants en IdF est trèsmotivant et me donne l’ envie de participer à tous les tournois.A tous les lecteurs, soyez curieux pour une initiation avec Alain, ça vous donnera la banane c’ est garanti! Et quand en course vous prendrez 10 mètres d’ avance au lancement d’ un sprint, vous le remercierez! »

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