Jeanne Yliss a noué une relation d’amour durable avec l’écriture ! A 52 ans, l’autrice occitane a fait son trou dans le domaine de la littérature. «Depuis toute petite, je suis fascinée par les mots. Quand je rentrais de l’école, j’adorais lire le dictionnaire; le week-end ou durant les vacances, j’écrivais des pièces de théâtre. Par ailleurs, ma grand-mère me racontait des histoires quand je dormais chez elle, c’était des histoires de son propre cru. Dès que j’avais un instant de libre, je m’installais sur la branche d’un arbre pour dévorer des romans, et le soir, je lisais en cachette sous les draps avec une lampe torche. A l’époque, les liseuses n’existaient pas ! Ensuite, les mots ont structuré une grande partie de ma vie professionnelle en travaillant comme pigiste pour la presse locale, chargée de communication, puis orthophoniste » détaille celle qui présente la particularité d’avoir écrit 12 romans à ce jour disponibles en ebook, broché et audiobook sur toutes les plateformes. « En 2023, j’ai co-écrit une duologie feel good ,un genre très différent de celui dans lequel j’écris habituellement, avec des collègues orthophonistes. En 2025, j’ai aussi collaboré à un recueil de nouvelles pour Noël » s’enthousiaste l’auteure aveyronnaise. L’univers de Jeanne Yliss est aussi vaste que ses livres sont inspirants. « J’écris dans trois domaines principalement. les histoires vraies drames psychologiques inspirés de témoignages réel, les thrillers domestiques et judiciaires, et quelques romans de littérature blanche. Les romans abordent des sujets de société, souvent tabous. Ils explorent aussi les mensonges qu’on raconte aux autres et à soi-même, la vérité, le couple, la famille, les amis » souligne la quinquagénaire qui trouve en l’écriture un vrai terrain d’expression. « C’est le seul endroit où je n’ai pas à justifier mes obsessions : la psychologie humaine, les zones d’ombre, les contradictions sans avoir de comptes à rendre. J’explore ce qui me fascine, à mon rythme, et l’auto-édition m’apporte une liberté supplémentaire. Je suis libre des thèmes que je choisis, libre d’écrire ce que je veux, au rythme que je veux, dans le cadre qui me convient » affiche Jeanne Yliss également tombée sous le charme de son département, l’Aveyron. « C’est calme, proche de la nature, rythmes différents. Cet espace mental est indispensable pour écrire. Quasi tous mes romans sont ancrés en Occitanie, plusieurs en Aveyron. C’est le cas, par exemple, de mon dernier roman Incompatibles, qui se déroule entre Toulouse et Rodez ». Le réel a d’ailleurs une vraie place dans les mots de Jeanne Yliss. «Tout part du réel, un fait divers, une confidence entendue, une anecdote. Mon cerveau prend ça, le retourne dans tous les sens jusqu’à ce qu’une histoire émerge. Je n’invente pas des situations improbables, j’observe des situations ordinaires et je pousse jusqu’au bout de ce qu’elles contiennent. Petite, j’étais une très grande femme d’Emile Zola. J’adorais le regard qu’il portait sur la société contemporaine et le réalisme de ses romans. Je m’inspire largement de son œuvre, à ma modeste échelle, bien entendu » détaille avec précision celle qui s’attache à une vraie méthodologie pour ses ouvrages. « Je réfléchis pendant des mois et des mois et des mois à l’ouvrage que je vais écrire. Il tourne en arrière-plan dans mon cerveau alors que je travaille sur d’autres projets. Quand je sens que le moment est venu d’écrire cette histoire-là, je construis d’abord le plan. Une fois le premier jet terminé, je le laisse reposer, puis je relis des semaines plus tard, et là, je trouve généralement ça complètement nul .La réécriture fait vraiment le roman, c’est un processus que j’applique plusieurs fois. Ensuite viennent les bêta-lectrices, les corrections en cascade. Écrire, c’est surtout réécrire ». En 2026, Jeanne Yliss va rajouter un treizième livre à sa collection déjà bien étoffée. « C’est nouveau roman inspiré d’un témoignage réel, prévu pour l’été. Un drame psychologique sur l’emprise perverse et l’aliénation parentale, le genre de sujet que je ne peux pas lâcher une fois qu’il m’a été confié. Il est en cours de réécriture ». Pour autant, l’Aveyronnaise ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Ce que j’aimerais, c’est pouvoir écrire plus encore. J’ai tellement d’histoires qui m’habitent que j’ai peur de mourir sans avoir eu le temps de toutes les coucher sur le papier » sourit l’auteure d’Incompatibles, sorti le 28 janvier. « il est disponible aux formats numérique, broché, audio. Le prochain arrive pour l’été 2026. Je serai au festival Psy’Polar le 30 août à Rouffach (Alsace), une journée dédicaces et conférences dans un cadre pour le moins atypique : le centre hospitalier, un lieu en résonance totale avec mes romans ».
Photo :DR.