Meriem Boumendjel, le vélo comme outil d’émancipation

Meriem Boumendjel fait partie des féminines qui ont débuté le cyclisme en compétition sur le tard ! A 32 ans, la sociétaire du club picard du Sprinteur Club Féminin (Oise) effectue sa première vraie saison dans les pelotons. « En réalité, j’ai débuté le vélo de compétition l’an dernier sous les couleurs du Watt Cycling Team mais j’ai aussi appris à faire du vélo lors de mon arrivée en France . Cependant, je n’ai disputé qu’une course avec le club parisien avant de rejoindre le SCF lors de la dernière intersaison » détaille celle qui est arrivée en France il y a maintenant sept ans dans le cadre de ses études. Alors que le cyclisme féminin francilien reprend de l’essor après un léger passage à vide avec peu d’épreuves réservées strictement aux femmes ces dernières années, la pensionnaire du club basé à Chantilly a repris les compétitions le mois dernier lors de la course access du MIN de Rungis (Val-de-Marne) proposée par l’AV Thiais, formation présidée également par une femme en la personne d’Hélène Martin. « Je suis consciente des progrès que je dois encore effectuer dans un sport comme le cyclisme en compétition. De prime abord, le vélo était un moyen de sortir de la torpeur du quotidien. D’une pratique loisir, j’ai rapidement switché vers une pratique en compétition. J’ai d’ailleurs disputé ma première course access mixte sur le parcours de Machault (Seine-et-Marne) lors du dernier lundi de Pâques » confie celle qui a fait bonne figure en effectuant plus deux tours et demi dans le peloton des A3/A4 en lâchant bien après certains vieux grognards de la catégorie en région parisienne. « Je suis quand même un peu déçue de ne pas terminer sur le podium des féminines mais viendra un jour où cela sera le cas » sourit la coureuse masters 1. Tombée amoureuse du parcours de Longchamp tracé au cœur du Bois de Boulogne (Paris 16e arrondissement), Meriem Boumendjel est également co-organisatrice des 24 heures de Longchamp, une épreuve d’endurance disputée sur l’anneau parisien. Avant cela, l’Algérienne va participer à la Desertus Bikus, une course d’ultracyclisme qui traverse l’Espagne sur 1200 kilomètres avec pas moins de 16000 mètres de dénivelé avec un départ du Pays Basque et une arrivée en Andalousie au maximum une semaine plus tard. « Je suis impatiente de participer à ma première compétition d’ultracyclisme. Je sais qu’il faut encore que je travaille sur le mental mais j’ai déjà franchi de nombreuses étapes. Mon objectif est d’arriver au bout afin de montrer aux jeunes femmes, algériennes ou non, qu’il est possible de faire de belles choses lorsqu’on a la volonté de le faire ». La suite ? Meriem Boumendjel devrait participer majoritairement aux courses du calendrier francilien. Avec l’idée d’en remporter une ? « Le champ des possibles est ouvert » sourit la sociétaire du SCF, un club dans lequel elle se sent pleinement épanouie. « Il y a vraiment un esprit de famille dans cette structure qui est appréciable et c’est que je cherchais . Ce club est exclusivement féminin avec une très bonne cohésion. Je suis grave contente d’avoir ma chance de progresser au sein du SCF qui est aussi en N1. Je suis encore débutante donc ça motive à progresser et rouler avec des femmes inspirantes » détaille la master 1 également créatrice d’un groupe pour les filles de Longchamp qu’elle voudrait à l’avenir transformer en association pour encourager des filles à venir rouler à Longchamp ( ndlr : le Lonlon Cycling Girls).

 

Photo : Loïc Manceau.