Interview de … Nicolas Bonnet Oulaldj (US Ivry Cyclisme/ Paris Cycliste Olympique)

Nicolas Bonnet Oulaldj va vivre un moment particulier ce week-end à l’occasion du National FSGT de cyclo-cross dans le Parc du Tremblay à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ! A 51 ans, le pensionnaire de l’US Ivry Cyclisme va disputer cette compétition chapotée par son club val-de-marnais. Une expérience unique pour celui qui occupe est également licencié en FFC au Paris Cycliste Olympique et aussi d’adjoint à la maire de Paris en charge du commerce, de l’artisanat, des professions libérales, aux métiers d’art et à la mode, de conseiller délégué aux sports du 12e arrondissement, de conseiller métropolitain du Grand Paris ainsi que de président des parcs interdépartementaux des sports Paris-Val-de-Marne.

« Nous voulons que ce soit une grande fête populaire » 

Radio Peloton : Nicolas, d’où vous vient cette passion du cyclo-cross ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : Elle est assez récente dans la pratique, j’ai commencé le cyclo-cross en FSGT en novembre 2019, même si ça me trottait dans la tête depuis longtemps. Au début des années 2000, lorsque je travaillais au service des sports de Noisy-le-Sec (93), j’ai participé à l’organisation de plusieurs cyclo-cross au stade Huvier aux côtés de Gérard Gautheron. C’est d’ailleurs sur ce parcours mythique que j’ai pris le départ de ma toute première course, en américaine avec Delphine Deker, en décembre 2019. Ensuite, entre 2003 et 2010, comme directeur des sports de Bagneux (92), j’ai côtoyé au COM Bagneux les frères Jean-Claude et Alain Breur, organisateurs du cyclo-cross local. J’y ai vu des courses exceptionnelles qui m’ont profondément marqué. Je me souviens notamment d’une victoire d’Arthur De Faria (VC Villejust), impressionnant de maîtrise du début à la fin.

Radio Peloton : Avant de vous lancer dans l’aventure de l’organisation d’un National FSGT de cyclo-cross…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Le véritable déclic est venu lors de ma première participation au championnat national FSGT à Nogent-sur-Aube en 2019, avec mes coéquipiers de l’US Ivry cyclisme, Delphine Deker, Éric Herbreteau et Olivier de Bastier. Cette expérience nous a donné envie de passer de l’autre côté de la barrière, en organisant à notre tour : d’abord des épreuves départementales et régionales, puis un interrégional au parc du Tremblay, et enfin la première nocturne à la Cipale, en collaboration avec Pantin et le PCO, qui sera d’ailleurs renouvelée cette année. Depuis 2019, avec l’US Ivry cyclisme, nous avons participé à quatre championnats nationaux FSGT, ce qui nous a énormément appris. Toute cette expérience nous a permis d’imaginer un championnat ambitieux et, je l’espère, inoubliable au parc du Tremblay.

Radio Peloton : Le parc du Tremblay va accueillir une épreuve nationale pour la première fois de son histoire…

Nicolas Bonnet Oulaldj :Oui, c’est une première pour une épreuve nationale de cyclisme toutes fédérations confondues. Cependant, le site a déjà accueilli un championnat régional FSGT d’Île-de-France l’an dernier, ainsi qu’un championnat interdépartemental sur le même parcours. Plus récemment, nous avons également organisé le premier championnat d’Île-de-France FFC de pumptrack. Le Parc accueille régulièrement des compétitions nationales dans d’autres disciplines notamment en athlétisme.

Radio Peloton : Pour autant, vous envisagez d’autres projets cyclistes dans le parc du Tremblay…

Nicolas Bonnet Oulaldj :À plus long terme, nous réfléchissons à l’organisation d’un cyclo-cross nocturne. L’idée serait de donner une dimension encore plus festive et populaire à la discipline, pourquoi pas avec une “Coupe de Paris CX by night”, dans l’esprit de ce qui se fait déjà à la Cipale. Ce serait un bel héritage de ce national FSGT.

Radio Peloton : Quelle est la particularité du parcours proposé pour ce National FSGT ?

Nicolas Bonnet Oulaldj :C’est avant tout un parcours très spectaculaire par sa compacité. Où que l’on se place, on peut voir près de 70 % du circuit d’un seul coup d’œil, ce qui crée une ambiance incroyable, digne des grandes courses. Sportivement, il est exigeant : très physique avec de belles buttes et un long escalier, mais aussi très technique, avec beaucoup de devers et de passages de maniabilité. Le tracé a été imaginé dès 2023 avec l’aide d’experts comme Arthur De Faria, Jean-Philippe Minotte et Francis Pélissier. L’an dernier, Ronan Auffret — futur champion de national FSGT 2025 — nous confiait que c’était l’un des plus beaux parcours d’Île-de-France.

Radio Peloton : C’est une organisation qui demande une sacrée logistique…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Nous avons pu nous appuyer sur de vrais professionnels, avec les agents du parc et l’entreprise Marcel Villette. Plus de 700 piquets, 4 000 mètres de filets et 500 barrières pour un circuit de 2,6 km et 4 à 6 mètres de large . Tout est réuni pour un tracé spectaculaire et sécurisé. Pour le public, tout est pensé : accès gratuit, 1000 places parkings à proximité, sonorisation avec deux speakers, buvette, restauration, animations musicales, mascottes et photographes professionnels pour repartir avec un souvenir de sa course.

Radio Peloton : De nombreux bénévoles seront également mobilisés sur l’ensemble de l’évènement…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Plus de 80 bénévoles sont mobilisés sur l’ensemble du week-end par le comité FSGT 94 et l’US Ivry cyclisme. Mais en réalité, cela fait plus d’un an qu’un collectif travaille en amont pour préparer chaque détail. Même si nous avons l’expérience d’organiser chaque année son cyclo-cross, il a fallu responsabiliser plusieurs personnes qui animent des collectifs. Nous avons une vraie culture de l’autogestion : pas de salariés, uniquement des licenciés bénévoles passionnés. Des équipes dédiées s’occupent de la buvette, de l’accueil, de la signalisation, des signaleurs, du contrôle antidopage. Nous tenions aussi à valoriser cet engagement. Donc à l’initiative du comité d’organisation, (Farid Bensikhaled, Eric Herbreteau, Philippe Delval, Vincent Kerbiquet et moi-même), une partie du budget a été consacrée à une dotation vestimentaire — veste et bonnet du championnat — ainsi qu’à la prise en charge des repas. C’est essentiel pour reconnaître le travail de l’ombre.

Radio Peloton : Quelles sont les ambitions de l’USI tant sportivement qu’en matière d’organisation ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : Avant tout, nous voulons que ce soit une grande fête populaire. Le cyclo-cross est une discipline unique par sa proximité avec le public, sa convivialité et son énergie. C’est un formidable vecteur de lien social. Nous espérons que tout le monde repartira en ayant vécu un moment fort, authentique et humain. Nous souhaitons aussi mettre en avant les valeurs de l’US Ivry cyclisme : l’accès au vélo pour toutes et tous, quel que soit l’âge ou le niveau, la solidarité, la mixité et l’inclusivité. Nous nous reconnaissons pleinement dans le slogan de la FSGT : « l’adversaire est l’ami qui te fait progresser ». Nous espérons que cela donnera envie à nos adhérent-es de se lancer dans la pratique du cyclo-cross.

Radio Peloton : Le club de l’US Ivry Cyclisme sera d’ailleurs bien représenté au départ des différentes courses…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Sportivement, c’est une première historique pour le club : 11 coureurs engagés et 4 équipes à l’américaine. Nous soutiendrons bien sûr Delphine Deker, qui remet son titre de championne de France FSGT en jeu. On espère de bonnes places pour tous nos coureurs qui ont fait une belle saison. Mais l’important c’est d’abord que tout le monde prenne du plaisir. Si ce championnat laisse un parfum de bonheur et des souvenirs durables, alors nous aurons réussi.

Radio Peloton : Combien de coureurs sont attendus sur l’ensemble du week-end ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : 670 coureurs sont engagés, c’est déjà un record historique ! Il y a eu une très forte mobilisation et beaucoup d’engouement notamment des clubs franciliens. Certains sont frustrés de n’avoir pas pu être sélectionné par leur comité faute de quotas. Dès le samedi, nous avons plus de 100 enfants engagés en école de vélo, plus de 40 coureurs par course en benjamin-es, minimes et cadets. Pour la première fois la course à l’américaine est un championnat national et rassemble plus de 60 équipes. Le dimanche, chaque catégorie compte plus de 50 coureurs et avec un peloton de plus de 70 pour la course phare des séniors à 14h30 : le spectacle promet d’être magnifique.

Radio Peloton : Cependant la participation des féminines reste  modérée…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Nous avons toutefois un regret concernant la participation féminine adulte, encore trop faible avec 32 engagées toutes catégories confondues. Ça montre que notre sport doit progresser en matière d’inclusion et doit s’interroger avec les pratiquantes et les non-pratiquantes sur les mesures à mettre en œuvre. C’est une priorité à l’Us Ivry cyclisme avec la création depuis quelques années d’une commission mixité qui a déjà porté ses fruits.

Radio Peloton : Nicolas, comment jugez-vous votre saison cyclo-cross FFC et FSGT jusqu’à maintenant ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : Ce n’est pas ma meilleure saison avec des hauts et des bas. J’ai fait de bonnes places notamment à Guyancourt (7e), Clamart (8e) Villecresnes (6e), mais j’ai aussi vécu des courses compliquées en FFC à Franconville et Bessancourt ou j’ai chuté, et j’ai vécu un calvaire (comme tout le monde) au championnat d’Île-de-France à Montgeron. Entre chutes, crevaisons, tendinite proximale à l’ischio que je traine plusieurs mois du fait d’une selle mal réglée. Je reste néanmoins satisfait de ma 2e place au championnat départemental et ma 10e place au régional FSGT.

Radio Peloton : Quelles seront vos ambitions sur ce National FSGT ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : J’arrivais en forme début janvier, mais malheureusement ma préparation a été stoppée par la grippe 15 jours avant le national. A 51 ans, avec un mandat d’adjoint à la Maire de Paris qui limite mes capacités d’entrainement, je suis déjà heureux d’être au départ, je ferai la meilleure course possible et profiterai de ce championnat. (sourires). 

 

Photo : Gérard Briand.