Interview de … Nicolas Bonnet Oulaldj (US Ivry Cyclisme/ Paris Cycliste Olympique)

Nicolas Bonnet Oulaldj va vivre un moment particulier ce week-end à l’occasion du National FSGT de cyclo-cross dans le Parc du Tremblay à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ! A 51 ans, le pensionnaire de l’US Ivry Cyclisme va disputer cette compétition chapotée par son club val-de-marnais. Une expérience unique pour celui qui occupe est également licencié en FFC au Paris Cycliste Olympique et aussi d’adjoint à la maire de Paris en charge du commerce, de l’artisanat, des professions libérales, aux métiers d’art et à la mode, de conseiller délégué aux sports du 12e arrondissement, de conseiller métropolitain du Grand Paris ainsi que de président des parcs interdépartementaux des sports Paris-Val-de-Marne.

« Nous voulons que ce soit une grande fête populaire » 

Radio Peloton : Nicolas, d’où vous vient cette passion du cyclo-cross ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : Elle est assez récente dans la pratique, j’ai commencé le cyclo-cross en FSGT en novembre 2019, même si ça me trottait dans la tête depuis longtemps. Au début des années 2000, lorsque je travaillais au service des sports de Noisy-le-Sec (93), j’ai participé à l’organisation de plusieurs cyclo-cross au stade Huvier aux côtés de Gérard Gautheron. C’est d’ailleurs sur ce parcours mythique que j’ai pris le départ de ma toute première course, en américaine avec Delphine Deker, en décembre 2019. Ensuite, entre 2003 et 2010, comme directeur des sports de Bagneux (92), j’ai côtoyé au COM Bagneux les frères Jean-Claude et Alain Breur, organisateurs du cyclo-cross local. J’y ai vu des courses exceptionnelles qui m’ont profondément marqué. Je me souviens notamment d’une victoire d’Arthur De Faria (VC Villejust), impressionnant de maîtrise du début à la fin.

Radio Peloton : Avant de vous lancer dans l’aventure de l’organisation d’un National FSGT de cyclo-cross…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Le véritable déclic est venu lors de ma première participation au championnat national FSGT à Nogent-sur-Aube en 2019, avec mes coéquipiers de l’US Ivry cyclisme, Delphine Deker, Éric Herbreteau et Olivier de Bastier. Cette expérience nous a donné envie de passer de l’autre côté de la barrière, en organisant à notre tour : d’abord des épreuves départementales et régionales, puis un interrégional au parc du Tremblay, et enfin la première nocturne à la Cipale, en collaboration avec Pantin et le PCO, qui sera d’ailleurs renouvelée cette année. Depuis 2019, avec l’US Ivry cyclisme, nous avons participé à quatre championnats nationaux FSGT, ce qui nous a énormément appris. Toute cette expérience nous a permis d’imaginer un championnat ambitieux et, je l’espère, inoubliable au parc du Tremblay.

Radio Peloton : Le parc du Tremblay va accueillir une épreuve nationale pour la première fois de son histoire…

Nicolas Bonnet Oulaldj :Oui, c’est une première pour une épreuve nationale de cyclisme toutes fédérations confondues. Cependant, le site a déjà accueilli un championnat régional FSGT d’Île-de-France l’an dernier, ainsi qu’un championnat interdépartemental sur le même parcours. Plus récemment, nous avons également organisé le premier championnat d’Île-de-France FFC de pumptrack. Le Parc accueille régulièrement des compétitions nationales dans d’autres disciplines notamment en athlétisme.

Radio Peloton : Pour autant, vous envisagez d’autres projets cyclistes dans le parc du Tremblay…

Nicolas Bonnet Oulaldj :À plus long terme, nous réfléchissons à l’organisation d’un cyclo-cross nocturne. L’idée serait de donner une dimension encore plus festive et populaire à la discipline, pourquoi pas avec une “Coupe de Paris CX by night”, dans l’esprit de ce qui se fait déjà à la Cipale. Ce serait un bel héritage de ce national FSGT.

Radio Peloton : Quelle est la particularité du parcours proposé pour ce National FSGT ?

Nicolas Bonnet Oulaldj :C’est avant tout un parcours très spectaculaire par sa compacité. Où que l’on se place, on peut voir près de 70 % du circuit d’un seul coup d’œil, ce qui crée une ambiance incroyable, digne des grandes courses. Sportivement, il est exigeant : très physique avec de belles buttes et un long escalier, mais aussi très technique, avec beaucoup de devers et de passages de maniabilité. Le tracé a été imaginé dès 2023 avec l’aide d’experts comme Arthur De Faria, Jean-Philippe Minotte et Francis Pélissier. L’an dernier, Ronan Auffret — futur champion de national FSGT 2025 — nous confiait que c’était l’un des plus beaux parcours d’Île-de-France.

Radio Peloton : C’est une organisation qui demande une sacrée logistique…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Nous avons pu nous appuyer sur de vrais professionnels, avec les agents du parc et l’entreprise Marcel Villette. Plus de 700 piquets, 4 000 mètres de filets et 500 barrières pour un circuit de 2,6 km et 4 à 6 mètres de large . Tout est réuni pour un tracé spectaculaire et sécurisé. Pour le public, tout est pensé : accès gratuit, 1000 places parkings à proximité, sonorisation avec deux speakers, buvette, restauration, animations musicales, mascottes et photographes professionnels pour repartir avec un souvenir de sa course.

Radio Peloton : De nombreux bénévoles seront également mobilisés sur l’ensemble de l’évènement…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Plus de 80 bénévoles sont mobilisés sur l’ensemble du week-end par le comité FSGT 94 et l’US Ivry cyclisme. Mais en réalité, cela fait plus d’un an qu’un collectif travaille en amont pour préparer chaque détail. Même si nous avons l’expérience d’organiser chaque année son cyclo-cross, il a fallu responsabiliser plusieurs personnes qui animent des collectifs. Nous avons une vraie culture de l’autogestion : pas de salariés, uniquement des licenciés bénévoles passionnés. Des équipes dédiées s’occupent de la buvette, de l’accueil, de la signalisation, des signaleurs, du contrôle antidopage. Nous tenions aussi à valoriser cet engagement. Donc à l’initiative du comité d’organisation, (Farid Bensikhaled, Eric Herbreteau, Philippe Delval, Vincent Kerbiquet et moi-même), une partie du budget a été consacrée à une dotation vestimentaire — veste et bonnet du championnat — ainsi qu’à la prise en charge des repas. C’est essentiel pour reconnaître le travail de l’ombre.

Radio Peloton : Quelles sont les ambitions de l’USI tant sportivement qu’en matière d’organisation ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : Avant tout, nous voulons que ce soit une grande fête populaire. Le cyclo-cross est une discipline unique par sa proximité avec le public, sa convivialité et son énergie. C’est un formidable vecteur de lien social. Nous espérons que tout le monde repartira en ayant vécu un moment fort, authentique et humain. Nous souhaitons aussi mettre en avant les valeurs de l’US Ivry cyclisme : l’accès au vélo pour toutes et tous, quel que soit l’âge ou le niveau, la solidarité, la mixité et l’inclusivité. Nous nous reconnaissons pleinement dans le slogan de la FSGT : « l’adversaire est l’ami qui te fait progresser ». Nous espérons que cela donnera envie à nos adhérent-es de se lancer dans la pratique du cyclo-cross.

Radio Peloton : Le club de l’US Ivry Cyclisme sera d’ailleurs bien représenté au départ des différentes courses…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Sportivement, c’est une première historique pour le club : 11 coureurs engagés et 4 équipes à l’américaine. Nous soutiendrons bien sûr Delphine Deker, qui remet son titre de championne de France FSGT en jeu. On espère de bonnes places pour tous nos coureurs qui ont fait une belle saison. Mais l’important c’est d’abord que tout le monde prenne du plaisir. Si ce championnat laisse un parfum de bonheur et des souvenirs durables, alors nous aurons réussi.

Radio Peloton : Combien de coureurs sont attendus sur l’ensemble du week-end ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : 670 coureurs sont engagés, c’est déjà un record historique ! Il y a eu une très forte mobilisation et beaucoup d’engouement notamment des clubs franciliens. Certains sont frustrés de n’avoir pas pu être sélectionné par leur comité faute de quotas. Dès le samedi, nous avons plus de 100 enfants engagés en école de vélo, plus de 40 coureurs par course en benjamin-es, minimes et cadets. Pour la première fois la course à l’américaine est un championnat national et rassemble plus de 60 équipes. Le dimanche, chaque catégorie compte plus de 50 coureurs et avec un peloton de plus de 70 pour la course phare des séniors à 14h30 : le spectacle promet d’être magnifique.

Radio Peloton : Cependant la participation des féminines reste  modérée…

Nicolas Bonnet Oulaldj : Nous avons toutefois un regret concernant la participation féminine adulte, encore trop faible avec 32 engagées toutes catégories confondues. Ça montre que notre sport doit progresser en matière d’inclusion et doit s’interroger avec les pratiquantes et les non-pratiquantes sur les mesures à mettre en œuvre. C’est une priorité à l’Us Ivry cyclisme avec la création depuis quelques années d’une commission mixité qui a déjà porté ses fruits.

Radio Peloton : Nicolas, comment jugez-vous votre saison cyclo-cross FFC et FSGT jusqu’à maintenant ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : Ce n’est pas ma meilleure saison avec des hauts et des bas. J’ai fait de bonnes places notamment à Guyancourt (7e), Clamart (8e) Villecresnes (6e), mais j’ai aussi vécu des courses compliquées en FFC à Franconville et Bessancourt ou j’ai chuté, et j’ai vécu un calvaire (comme tout le monde) au championnat d’Île-de-France à Montgeron. Entre chutes, crevaisons, tendinite proximale à l’ischio que je traine plusieurs mois du fait d’une selle mal réglée. Je reste néanmoins satisfait de ma 2e place au championnat départemental et ma 10e place au régional FSGT.

Radio Peloton : Quelles seront vos ambitions sur ce National FSGT ?

Nicolas Bonnet Oulaldj : J’arrivais en forme début janvier, mais malheureusement ma préparation a été stoppée par la grippe 15 jours avant le national. A 51 ans, avec un mandat d’adjoint à la Maire de Paris qui limite mes capacités d’entrainement, je suis déjà heureux d’être au départ, je ferai la meilleure course possible et profiterai de ce championnat. (sourires). 

 

Photo : Gérard Briand. 

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Interview de… Robin Malet (EC Montgeron-Vigneux)

Il sera l’un des grands absents des pelotons franciliens cette saison ! A 29 ans, Robin Malet est contraint de mettre sa carrière cycliste en stand-by, les conséquences d’un accident professionnel lors du second semestre 2025. Pour autant, le sociétaire de l’EC Montgeron-Vigneux veut regarder devant. Avec l’idée de retrouver de remettre un dossard dans un an ?

« J’aurais pu y passer »

Radio Peloton : Robin, c’est une intersaison cycliste très particulière pour vous…

Robin Malet : Ce n’est vraiment pas évident à vivre. Ce n’est pas une simple blessure entre guillemets on va dire une épreuve de la vie. J’aurais pu y passer. J’ai subi cinq heures d’opération. On m’a mis une plaque, d’une quarantaine de centimètres et des clous dans la jambe gauche, la jambe droite n’a pas eu besoin d’opération mais d’un port d’une attelle. J’ai également eu une opération du poignet. Je suis resté 100jours hospitalisé sans rentrer chez moi . Cela a été très difficile à vivre de ne pas être maître de la situation. Actuellement, je suis en hôpital de jour depuis le 24 décembre.

Radio Peloton : Comment se déroule cette rééducation ?

Robin Malet : J’effectue les soins la journée en clinique de rééducation Celle-ci consiste à effectuer des séances de balnéothérapie, kiné, Ergothérapie, APA(Activité Physique Adaptée). Le soir ,les ambulanciers me ramènent chez moi. Je me déplace en béquilles maintenant même si c’est très difficile.

Radio Peloton : Avec assiduité, vous suivez les premiers tours de roues de vos coéquipiers de l’EC Montgeron-Vigneux…

Robin Malet : L’équipe U-19 version 2026 demande qu’à progresser à l’aide de leur coach Anthony Baré. 80% de l’effectif est première année avec deux nouveaux. Matéo D’Agostino et Rémy Marques sont-eux deuxième année. Ils seront plus attendus pour confirmer leurs progrès de 2025.

Radio Peloton : Le chapitre 2026 se déroulera sans votre présence dans les pelotons…

Robin Malet : Un retour dans les pelotons pour 2026 est impossible pour moi malheureusement. Pour 2027, j’aimerais bien. Mais à l’heure actuelle je ne sais pas du tout. L’avenir en décidera. J’ai rendez-vous mi-juin avec mon chirurgien qui se prononcera à ce moment-là sur l’ablation du matériel ou pas.

Radio Peloton : Votre formation de l’EC Montgeron-Vigneux regorge de talents dans toutes les catégories…

Robin Malet : A l’image d’Eva Gras. Je ne dirais pas forcément que c’est une révélation . Son niveau est déjà confirmé au niveau régional et national avec de nombreux titres. Elle sera sans doute attendue. Mais je sais très bien qu’elle gère bien la pression en atteste sa récente deuxième place au France U-17 filles pour sa première année dans la catégorie.

Radio Peloton : Par ailleurs, l’EC Montgeron-Vigneux est le meilleur club francilien en école de vélo depuis près de trois ans…

Robin Malet : La continuité du dynamisme de l’école de vélo tient à cœur au club depuis toujours. Je dirais aussi que les U-19 dans la suite logique. Je suis plus en lien avec eux au quotidien. J’aimerais bien que certains passent un cap en 2026.

Radio Peloton : A l’échelle francilienne, certains coureurs pourraient également se relever…

Robin Malet : La révélation de la saison en région parisienne ? je n’en ai pas forcément en tête à l’heure actuelle j’ai un peu moins suivi l’actualité vélo francilienne à part celle de mon club. Alors je dirais plutôt qu’un coureur ou coureuse me surprenne en allant chercher des victoires et titres cette année.

Radio Peloton : La saison World Tour reprend également ce week-end en Australie…

Robin Malet : Chez les professionnels, je n’attends pas forcément « grand-chose ». Même si je suis au quotidien quand même, j’aimerais bien voir sur les grandes courses des surprises que personne n’attend. C’est toujours plus plaisant à voir un peu comme le scénario du championnat du monde féminin 2025. Après battre Tadej Pogacar, Mathieu Van Der Poel sera très dure encore. J’ai hâte de voir Paris- Roubaix ainsi que les grosses courses en général comme le Tour de France.

Radio Peloton : Cela fait de nombreuses années que vous êtes dans le vélo maintenant…

Robin Malet : J’ai commencé le vélo il y une bonne vingtaine en école de vélo. Cela a énormément évolué déjà niveau matériel. A mon époque, il y avait encore les vitesses au cadre acier. Maintenant c’est vitesse électrique sur cadre en carbone (sourires).

Radio Peloton : Il y a aussi un autre phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur…

Robin Malet : Après je dirais aussi que niveau sportif les « gens » en général se prennent plus la tête en bien ou mal. Plus jeune, je ne rendais moins compte de cela. C’est aussi plus structuré qu’avant notamment au niveau du coaching avec tout ce qui va avec l’évolution c’est ça aussi, vivre avec son temps comme on dit.

Radio Peloton : Quel serait votre plus grand rêve Robin ?

Robin Malet : Mon plus grand rêve dans le vélo ? Je n’en ai pas forcément un… Dans l’immédiat je dirais refaire simplement déjà du vélo ça signifierait beaucoup pour moi.

 

Photo : Loïc Manceau.

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Interview… D’Alexis Bouteloup (Team Avesnois)

Alexis Bouteloup a été l’un des tubes de l’année 2025 dans la catégorie des U-19 ! A 18 ans, le pensionnaire du Team Avesnois évoluera chez les professionnels lors du prochain exercice au sein de l’équipe Décathlon -CMA-CGM DT. Une suite logique pour celui a effectué ses premiers tours de roues en école de vélo au sein du CSM Puteaux (Hauts-de-Seine).

                                                                                         « Je pense avoir passé un cap surtout mentalement »

 

 

Radio Peloton : Alexis, votre saison 2025 a été plus qu’aboutie…

Alexis Bouteloup : Je pense avoir passé un cap surtout mentalement, j’ai pris de plus en plus confiance en moi au fur et à mesure de la saison. Bien sûr le fait d’avoir été très bien accompagné que ce soit par ma famille, mon entraîneur Alexis Durand ou encore mon équipe et mes amis a été un gros plus dans la saison.

Radio Peloton : Vous terminez 2025 avec douze victoires et seize podiums sur les courses U-19 et open…

Alexis Bouteloup : C’est vraiment compliqué de choisir le succès qui m’a le plus marqué tant tous sont importants et ont une signification. Que ce soit la toute première de la saison, la première sous les couleurs de l’équipe de France, la première sous le maillot Décathlon AG2R La Mondiale U19, ou la dernière avec le Team Avesnois. Elles sont toutes belles, après si je devais vraiment en retenir une seule, je pense que je choisirais celles avec l’équipe de France.

Radio Peloton : Pour quelle raison ?

Alexis Bouteloup : Je dirai parce qu’une victoire en Coupe des Nations sous les couleurs nationales est un sentiment exceptionnel, en plus de cela, sur ce déplacement au Canada, l’équipe de France a vraiment pu briller et nous sommes repartis avec des souvenirs pleins la tête et moi avec deux victoires d’étapes sur ce Tour de l’Abitibi (sourires).

Radio Peloton : Vous avez réussi à maintenir une constance dans vos résultats tout au long de la saison…

Alexis Bouteloup : Je pense que j’ai progressé partout pendant cette saison, j’ai progressé physiquement en étant capable de faire des gros finishs au sprint, mais je me suis aussi amélioré dans ma capacité à grimper comme au championnat de France de l’avenir ou à la Philippe Gilbert Juniors, et surtout mentalement en allant chercher encore plus loin dans l’effort.

Radio Peloton : Vous avez également terminé quatrième du championnat de France U-19 de la course en ligne en août dernier à la Tour-du-Pin (Isère)…

Alexis Bouteloup : Le championnat de France faite partie de mes grosses déceptions que j’ai mis du temps à digérer. Après avoir fait un retour dans le dernier tour sur le groupe de tête et en demandant à Sacha Coyot de m’emmener jusqu’à la dernière montée. J’ai été victime de crampes dans la bosse finale, je perds le podium pour une poignée de secondes et donc sans maillot tricolore au bout.

Radio Peloton : Vous n’avez pas été épargné par les chutes également…

Alexis Bouteloup : Notamment lors de la Keizer Der Juniors. Pour ma première avec l’équipe Décathlon AG2R La Mondiale, j’ai été victime de deux chutes lors de la première étape, et d’une dernière lors de la 3ème et dernière étape. Malgré tout j’arrive à aller chercher une quatrième place au sprint massif sur cette dernière étape sans vraiment avoir eu l’opportunité de sprinter.

Radio Peloton : Comment va se dérouler cette intersaison pour vous ?

Alexis Bouteloup : Pour l’intersaison, j’ai prévu une bonne préparation pendant l’hiver et les fêtes de fin d’année. Ensuite j’irai peaufiner ma préparation avec des stages en Espagne avec ma nouvelle équipe.

Radio Peloton : Donc pas de cyclo-cross au programme ?

Alexis Bouteloup : Bien sûr que l’envie de faire du cyclo-cross l’hiver est toujours présente pour moi et après avoir pu discuter avec mon équipe ils m’ont laissé en faire quelqu’un, avec au programme surtout des cyclo-cross régionaux et une Coupe de France au programme à Ouistreham qui sera mon seul objectif de la saison cross, même si cette saison le cyclo-cross sera vraiment comme de la préparation pour la future saison route.

Radio Peloton : En 2026, vous serez professionnel dans l’équipe Développement Décathlon CMA-CGM…

Alexis Bouteloup : J’aborde cette saison avec beaucoup d’impatience, l’envie d’aller chercher les meilleurs résultats personnels mais aussi collectifs et surtout prendre un maximum d’expérience pour l’année prochaine. Bien sûr, ça va être une toute nouvelle aventure, mais nous sommes très bien entourés dans l’équipe et l’ambiance collective est déjà présente.

Radio Peloton : Pourquoi avoir opté pour cette formation ?

Alexis Bouteloup : Ce choix a été plutôt évident pour moi.En effet, après avoir discuté des différentes propositions avec mon agent et mes parents, le projet de Décathlon CMA-CGM m’a tout de suite inspiré. De plus, le fait que l’équipe soit française est un plus pour pouvoir s’intégrer plus facilement, même si elle a pris un tournant international, cela m’aide à me sentir en confiance et compris dans l’équipe.

 

Photo : Loïc Manceau.

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Interview… D’Alexandre Trouvain (Argenteuil Val de Seine 95)

Il est l’un des meilleurs coureurs U-19 de l’Hexagone en cette saison 2025 et son palmarès parle pour lui ! Vainqueur du Signal d’Ecouves, d’A Travers le Beaujolais ou encore deuxième de la Ronde des Vallées et du championnat de France de la catégorie sur la course en ligne, Alexandre Trouvain (Argenteuil Val de Seine 95) a été omniprésent à l’avant pour sa dernière saison sous les couleurs roses avant de rejoindre les professionnels. Rencontre.

 

« Sans ce passage par Argenteuil, je ne serais sûrement pas au même niveau aujourd’hui »

 

Radio Peloton : Quelle saison 2025 pour vous Alexandre !

Alexandre Trouvain : Ma saison 2025 est plutôt réussie, surtout en ayant repris les courses seulement en mai à cause d’un problème de genou qui a duré de décembre à avril et qui a nécessité une opération. Honnêtement, je ne m’attendais pas à revenir si fort après quatre mois presque sans rouler. De mai à septembre, j’ai réussi à enchaîner de beaux résultats. Je peux dire que ma saison est plus que réussie. C’est une grande satisfaction personnelle après cette période compliquée.

Radio Peloton : Si vous ne deviez retenir qu’un moment de votre saison jusqu’à maintenant ?

Alexandre Trouvain : Le moment le plus riche en émotions, ça reste ma deuxième place au championnat de France. Pouvoir monter sur le podium et chanter la Marseillaise, c’est quelque chose de fort, que je n’oublierai jamais. Un souvenir qui contraste avec le Valmorey. J’y ai chuté et je n’ai pas pu y défendre mes chances, alors que j’aurais aimé jouer un bon résultat sur ce classement général de cinq étapes. Ça reste une déception, ça fait partie du sport.

Radio Peloton : Sur quel plan pensez-vous avoir progressé entre votre première année dans la catégorie et celle-ci ?
Alexandre Trouvain : Je pense avoir beaucoup progressé sur le plan tactique. L’expérience engrangée sur les courses m’a permis de faire moins d’efforts inutiles et moins d’erreurs de placement. Je lis mieux les situations de course et je gère mieux mes efforts. Sur le plan physique aussi, j’ai franchi un cap . J’ai gagné en puissance sur les efforts longs, mais aussi en explosivité pour être présent dans les moments décisifs.

Radio Peloton : Ce passage à Argenteuil Val de Seine 95 a pleinement répondu à vos attentes…

Alexandre Trouvain : Mon passage à Argenteuil a été fondamental. Grâce au club, j’ai eu accès à un calendrier de courses exceptionnel, avec des épreuves tous les week-ends, ce qui m’a permis de progresser vite. L’encadrement est vraiment top que ce soit notre directeur sportif, Anthony Molle, notre entraîneur Frédéric Blanchon ou autres personnes du club. Nous sommes dans des conditions idéales, avec notamment des stages, des massages sur les courses par étapes ou encore du bon matériel pour performer. Ça m’a fait progresser autant sur le plan physique que tactique de faire de belles courses. Sans ce passage par Argenteuil, je ne serais sûrement pas au même niveau aujourd’hui.

Radio Peloton : Les deux années dans la formation val d’oisienne resterons un bon moment pour vous ?

Alexandre Trouvain : À Argenteuil, je me sens vraiment bien. L’encadrement est super, on a une belle ambiance et nous nous entendons tous bien. C’est une structure familiale mais en même temps très sérieuse. Nous sommes soutenus par le staff notamment le directeur sportif et entraîneur ainsi que les personnes qui vont chercher les sponsors pour faire des courses. Cela nous met dans les meilleures conditions pour performer. Merci à eux.

 

Radio Peloton : Avez-vous des regrets sur certaines compétitions ou pas du tout ?

Alexandre Trouvain :Nous pouvons toujours avoir des regrets, mais j’essaie de ne pas rester bloqué sur le passé. Bien sûr, il y a eu quelques erreurs tactiques, mais elles servent à progresser. Paradoxalement, la deuxième place au France laissé un goût d’amertume. Finir à une seule place du maillot de champion de France, c’est un peu frustrant et décevant. Mais ça fait partie du sport et ça me motive encore plus pour l’avenir. Peut-être que j’aurais dû prendre le dernier virage en tête , à 700 m de la ligne. Mais globalement, je n’ai pas de gros regrets, parce que j’essaye de toujours donner le maximum.

Radio Peloton : La saison n’est pour autant pas encore finie pour vous Alexandre…

Alexandre Trouvain : Mes ambitions sont de continuer à performer et de progresser encore sur les courses à venir. J’aimerais bien terminer la saison avec de beaux résultats sur la Coupe de France, sur la Bercycle en Fédérale junior, et sur les autres courses où je serai aligné. Mon but est de finir sur une bonne dynamique en vue de l’an prochain.

Radio Peloton : Vous serez dans une équipe professionnelle la saison prochaine…

Alexandre Trouvain : Pour l’instant, je ne peux pas encore dire le nom de l’équipe car ce n’est pas à moi de faire l’annonce officielle. Ce que je peux dire, c’est que j’ai choisi cette structure car je me sens en confiance avec les personnes qui la composent. Le projet correspond parfaitement à ce que je recherche pour continuer à progresser. Le choix s’est fait naturellement, car je me voyais bien grandir dans ce cadre.

 

Propos recueillis par Loïc Manceau. 

Photo : Amelco Gohin. 

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Interview de… Baptiste Larcher (AC Boulogne-Billancourt)

A 35 ans, Baptiste Larcher fait partie des piliers de l’AC Boulogne-Billancourt depuis de nombreuses saisons ! Après des débuts dans le département de l’Aube, le polyvalent coureur altoséquanais espère bien retrouver la victoire. Dans les semaines à venir ?

«La classique Paris-Pussay est la plus belle course du calendrier d’Île-de -France »

Radio Peloton : Baptiste, c’est une longue histoire d’amour entre le vélo et vous…
Baptiste Larcher : J’ai commencé le cyclisme en compétition en minime 2 à 14 ans après avoir fait 5 ans de natation en compétition. Mon père était également cycliste mais il n’était pas favorable à ce que je débute le vélo avant cet âge. Cela fait donc vingt ans que je suis licencié à la FFC avec une année sans en 2013 à la suite d’une grave blessure au tendon d’Achille.Je n’ai jamais retrouvé mon niveau après ma blessure .

Radio Peloton : Vous portez les couleurs de l’AC Boulogne-Billancourt depuis 2019…
Baptiste Larcher : Avec mon emploi en région parisienne, je cherchais un club en IDF plutôt structuré mais sans prise de tête. J’aime les valeurs et l’histoire du club. Les dirigeants font un boulot incroyable notamment Jean-Claude Le Dissez le directeur sportif et Philippe Leroy , le président. Grâce à eux on a des conditions parfaites pour courir.

Radio Peloton : Quelles comparaisons faites-vous entre le cyclisme aubois de vos débuts et celui actuel en Île-de-France ?
Baptiste Larcher : C’est difficilement comparable car j’étais allé à l’UV Aube en 2012 qui était en DN2 pour découvrir le niveau élite. J’ai donc participé à des épreuves nationales et UCI avec le haut du panier où le niveau est vraiment très élevé. Mais en IDF il y a un très gros niveau avec de belles équipes.

Radio Peloton : Votre première partie de saison est pour le moment plus discrète que les années précédentes…
Baptiste Larcher : C’est plutôt en deçà en comparaison des précédentes saisons. Je cours en open 2 et en général j’ai déjà des podiums à cette période. Mais ce qui m’importe c’est de prendre plaisir et être acteur sur les courses, les résultats suivront. A l’ACBB, nous avons un noyau solide de coureurs. Notre recrutement 2025 a été plutôt bon. Cependant, on peine à recruter notamment des jeunes motivés. C’est un appel à ceux qui veulent nous rejoindre l’an prochain pour que l’ACBB puisse concurrencer les meilleurs équipes.


Radio Peloton : Paris-Pussay est une course importance pour l’AC Boulogne-Billancourt…
Baptiste Larcher : Pour moi la classique Paris-Pussay est la plus belle course du calendrier d’Île-de -France. J’espère y jouer  cette année et plus précisément le 15 juin 2025. Je vais devenir papa en 2025 et ça demande aussi une certaine préparation. (sourires).

Radio Peloton : Comment voyez-vous l’évolution du cyclisme depuis vos débuts ?
Baptiste Larcher : Selon moi c’est beaucoup l’approche entrainement/compétition qui a changé, avec des préparations plus spécifiques comme en course à pied. De mon côté je suis resté vieille école à faire mon foncier en début de saison puis à courir au maximum pour que la forme monte. Je n’ai jamais eu d’entraineur, c’est sans doute un tort de ma part. Mais  s’entrainer intensément tout en suivant des indicateurs de watts ca ne m’attire pas franchement. Je préfère monter sur le vélo et écouter mes sensations.

Radio Peloton : Jeune, quel était votre idole cycliste ?
Baptiste Larcher : J’étais très admiratif de l’intelligence de course du Kazakh Alexandre Vinokourov mais bon…il a eu pas mal de casseroles (sourires). De nos jours, celui qui m’impressionne le plus c’est clairement Mathieu Van Der Poel. J’étais là pour ses titres route à Glasgow et cyclo-cross à Liévin, c’est un artiste. Sur le plan tactique, il court à la perfection et sur le vélo c’est la grande classe.

Photo : Loïc Manceau. 

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Interview … d’Elyes Plenel-Jobard (Paris Cycliste Olympique)

Il a été l’une des révélations de la deuxième partie de saison cycliste hexagonale en 2024 ! A 19 ans, Elyes Plenel-Jobard franchit les étapes pas à pas. Après avoir débuté chez les access, le sociétaire du Paris Cycliste Olympique a marqué les esprits en remportant l’an passé le Grand Prix de Leval. Le protégé du président Christian Masola totalise déjà un podium en 2025.

 

«J’apprécie les courses bretonnes »

 

Radio Peloton : Elyes, vous êtes un pur produit du Paris Cycliste Olympique…

Elyes Plenel-Jobard : J’ai commencé le vélo un peu par hasard. J’étais assez attiré par l’esthétique et les valeurs de ce sport. J’ai pris ma licence au PCO et ne l’ai pas regretté. Après quelques courses, de nombreuses chutes et quelques résultats en début de saison 2023 l’équipe m’a engagé sur une Fédérale Junior, la Cantonale. J’ai réalisé un bon chrono et je finis troisième au général. C’est là qu’ils m’ont proposé de rejoindre l’équipe élite l’année suivante, d’abord en tant qu’open 1. Je trouvais ça complètement fou à l’époque !

Radio Peloton : Comment s’est déroulée votre intégration dans le groupe élite ?

Elyes Plenel-Jobard : Mon intégration s’est bien déroulée et je me suis retrouvé à faire presque exclusivement des courses nationales et les classe 2 au programme. J’ai appris à courir, l’aide des anciens du club et de Tanguy Turgis, alors nouveau directeur sportif, ont été d’une importance dans mon apprentissage. J’ajouterai aussi la rencontre avec Jason Oosthuizen qui m’a pris sous son aile à partir de l’intersaison et qui en plus d’être devenu mon coach, a aussi pris une place de mentor.

Radio Peloton : Quelle a été votre première impression des courses élites ?

Elyes Plenel-Jobard : En 2024, le fait de faire des courses d’un niveau relevé dès le début de l’année m’a permis de pendre de la caisse et l’élément dont je me sens peut-être le plus fier est d’avoir quand même pu réaliser une saison pleine et performante de bout en bout, juste interrompue par un virus fin septembre. Dans l’ensemble j’ai vraiment pu m’appuyer sur les ressources et l’aide de Paris, ils ont su me convaincre moi-même de mes capacités et me pousser plus loin !

Radio Peloton : Vous avez un peu la même trajectoire que Sam Maisonobe, passé dans les rangs access avant de rejoindre les open puis et aujourd’hui professionnel dans l’équipe Cofidis…

Elyes Plenel-Jobard : Il y a quand même un sacré cap entre les acces et les élites. Le fait de courir en équipe principalement, avoir des rôles définis, un plan de course, une stratégie, etc… J’aime beaucoup cet aspect structuré de la course et rouler ‘pour’ mes coéquipiers est vraiment ce qui m’a permis de passer un cap pendant la première partie de l’année. Également l’aspect sérieux dans la pratique, on laisse beaucoup moins de choses au hasard dans sa préparation ce qui est une philosophie qui me plait beaucoup également.

Radio Peloton : Le Grand Prix de Leval restera votre grand souvenir de 2024…

Elyes Plenel-Jobard : Ce n’était pas forcément une course taillée pour moi, un circuit relativement plat et exposé au vent. C’était un peu une surprise, mon DS m’a dit de contrer fort en fin de course et je suis sorti du groupe d’échappés. Franchement je ne m’y attendais pas mais c’était un soulagement énorme de passer la ligne en premier. J’avais déjà fait des places d’honneur mais la sensation qu’on a en levant les bras est juste dingue, on ne peut avoir aucun regret.

Radio Peloton : Vous avez déjà obtenu un podium cette saison…

Elyes Plenel-Jobard : C’est un bon signe, ça permet de s’assurer de la bonne direction que prend la saison et du travail accompli l’hiver. Le weekend de reprise n’a pas été top, j’ai été malade et dû enchainer sur la Coupe de France et le GP de Puyloubier qui sont des courses aux parcours vraiment escarpés. Ça a été agréable de pouvoir se rassurer le week-end suivant sur le circuit de la Vallée de la Loire avec une bonne performance puisque je fais le « jump » sur l’échappée dans le dernier tour de la course.

Radio Peloton : Avec l’idée de faire mieux en 2025 ?

Elyes Plenel-Jobard : Cette année j’ai tout simplement envie de confirmer les bons résultats de l’année passée. J’apprécie les courses bretonnes assez punchy. Sinon j’aimerais performer sur les quelques UCI classe 2 que l’on a au programme comme Flèche du Sud, l’Artois ou la Ronde de l’Isard sur laquelle je pourrais tester pour la première fois mes jambes en montagne. Ce serait aussi top pour mon club de pouvoir répondre présent sur des courses pareilles.

Radio Peloton : Vous avez effectué un stage avec l’équipe World Tour Cofidis au cours de la dernière intersaison…

Elyes-Plenel Jobard : Pour moi ce stage hivernal a été une occasion incroyable de percer un peu le ‘mur’ qui nous sépare du monde pro. Je crois que cela s’est très bien passé, ça a été une semaine assez exigeante avec beaucoup d’intensités mais rien d’insurmontable. On repart de là avec énormément de gratitude déjà et puis de la confiance et de la concentration pour la saison. J’imagine que tous les jeunes coureurs comme moi disent le même chose mais les moyens développés pour la performance des coureurs sont hyper impressionnants. Je dirais que ce passage éclair chez les pros m’a fait gagner en sérénité.

Radio Peloton : Quel type de coureurs êtes-vous ?

Elyes Plenel-Jobard : Je n’ai pas énormément de recul sur le type de coureur que je suis à proprement parler. J’aime les efforts courts et explosifs et surtout j’aime les courses usantes, où il faut aller chercher un supplément d’âme pour mettre la dernière attaque. Disons qu’en course je ne suis pas facile à lâcher mais mon point noir reste le sprint que j’aimerais pouvoir améliorer afin de régler des petits groupes en échappée.

Radio Peloton : Vous semblez à l’aise sur les parcours accidentés…

Elyes Plenel-Jobard :Oui, les course à bosses principalement. J’aime quand les efforts s’enchaînent, que l’écrémage se fait par l’arrière. Le weekend dernier au Circuit de la Vallée de la Loire c’était la première fois que je courais à nouveau un parcours que j’avais déjà fait donc quand je viens sur une course généralement c’est une découverte !J’ai vraiment envie de me tester en haute-montagne, on a malheureusement assez peu de courses de ce type au calendrier mais la Ronde de l’Isard sera un bon juge de paix cette année je pense.

Radio Peloton : Sur quel point mettez-vous également l’accent ?

Elyes Plenel-Jobard : J’essaye de davantage me focaliser sur ma préparation, mes entraînements, mon hygiène de vie que sur l’échéance à proprement parler. J’évite d’arriver avec beaucoup de pression sur une course, j’ai énormément de chance d’en être arrivé là si vite donc je profite !

 

Elyes-Plenel Jobard (Paris Cycliste Olympique) lors de la présentation du Paris Cycliste Olympique en janvier 2025. Photo : Arthur Lemaire.

Radio Peloton : Vous pouvez également compter sur la présence d’un staff expérimenté…

Elyes Plenel-Jobard : Tanguy Turgis et Gérard Valette m’accompagnent tous deux depuis une grosse année déjà, ils prenaient vraiment le temps de m’expliquer les choses au début, la façon de courir, le niveau en Élite . J’avais rencontré Tanguy au Championnat de France de l’Avenir à l’été 2023 avant qu’il rejoigne Paris. On s’est tout de suite très bien entendus. On entend souvent à propos de lui qu’il est proche de ses coureurs et c’est vrai, il sait mettre le collectif en confiance et insiste vraiment sur tirer le meilleur de chacun. De manière générale l’encadrement du club m’a toujours poussé et fait confiance, je me souviens de ma première Élite, puis de ma première Classe 2, puis de ma première course où l’équipe me laissait jouer ma carte à 100%. Vu de l’extérieur ces étapes se sont enchainées rapidement mais je pense qu’ils ont quand même veiller à respecter un certain processus.

Radio Peloton : L’effectif élite du Paris Cycliste Olympique a été pas mal bouleversé lors de la dernière intersaison….

Elyes Plenel-Jobard : On a accueilli davantage de coureurs hors IDF de très bon niveau, chacun apporte son expérience et son point de vue : Ludovic Morice a pas mal d’années en Élite derrière lui, Gregory Pouvrault est passé par Vendée U et Thomas Denis a même connu les Jeux Olympiques de Paris !Dès le stage de cohésion on sentait que l’ambiance allait être excellente, tout le monde est devenu très proche assez rapidement et à vrai dire ça déconne beaucoup. Je crois que notre moyen pour éviter le stress c’est surtout ça, on est tous sérieux et concentrés individuellement mais on se sert des moments ensemble pour évacuer la pression. Peu sont ceux qui habitent proches mais on a eu deux semaines de stage ensemble en Espagne dont on est sorti très soudés. Pour le moment on est classés troisième meilleure équipe française et on est déjà nombreux dans le collectif à avoir pu aller chercher des points donc que du bon !


Radio Peloton : Avant d’arriver au cyclisme de compétition, vous avez pratiqué d’autres sports…

Elyes Plenel -Jobard : Beaucoup de sports et de pratiques différentes ont compté pour moi avant d’arriver au vélo. Skate, tennis de table, handball, savate-boxe française, j’ai abandonné certains très vite comme la natation et d’autres m’ont duré quelques années. Le skate par exemple m’a vachement aidé à me forger une identité quand j’étais ado, la boxe, elle, m’a permis d’apprendre à répéter les efforts et à jouer avec sa limite quand on est à bloc, c’est peut-être le sport qui m’a le plus permis de découvrir mon corps. Dans l’ensemble, de près ou de loin, aucun ne ressemble vraiment au vélo. Le cyclisme a une place à part. Je n’ai jamais eu aussi mal que sur un vélo, jamais pris autant de plaisir qu’après une victoire.

 

Photo : Loïc Manceau.

 

Propos recueillis par Victor Grézaud.

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Interview de… Quentin Mullois (CM Aubervilliers 93)

Quentin Mullois fait partie des coureurs franciliens à suivre en 2025 ! En constante progression depuis ses débuts à l’EC Montgeron-Vigneux, le sociétaire du CM Aubervilliers 93 (Seine-Saint-Denis) espère franchir une étape supplémentaire. A 20 ans, le champ des possibles reste ouvert pour le fils de l’ancien coureur élite, Claude Mullois.

 

« L’esprit d’équipe reste essentiel »

 

Radio Peloton : Quentin, vous avez un parcours sportif assez singulier…

Quentin Mullois : J’ai débuté en benjamin 2 après avoir pratiqué le foot pendant  sept ans et du karaté en parallèle durant le primaire. J’aimais aussi jouer aux échecs. Mon aventure cycliste a vraiment commencé à l’EC Montgeron-Vigneux , club dans lequel j’ai évolué jusqu’à la catégorie Espoir. Aujourd’hui, je cours pour le CM Aubervilliers 93 en Open 1 et Espoir 3.

Radio Peloton : En quoi votre passage à l’EC Montgeron-Vigneux vous a-t-il marqué ?
Quentin Mullois : L’ECMV a été comme une grande famille pour moi. Ce club m’a beaucoup apporté, notamment grâce aux conseils avisés des encadrants. C’est là que j’ai appris les bases et développé ma passion pour le cyclisme.

Radio Peloton : Comment s’est déroulée votre intersaison cycliste ?
Quentin Mullois : Cette année, j’ai mis l’accent sur un plus gros volume d’entraînement et des exercices en répétition pour améliorer l’endurance et la résistance. J’ai également soigné le matériel, roulant avec un Cannondale SuperSix Evo, un modèle que j’ai pu acquérir à moitié prix grâce aux sponsors. Côté logistique, je fais attention à l’organisation, notamment en utilisant une galerie pour les déplacements.

Radio Peloton : Vous avez réalisé une saison 2024 aboutie avec notamment des victoires…

Quentin Mullois : Mes victoires à Domats et lors de la course d’attente de Paris-Vierzon ont été des moments forts. À Domats (89), j’ai gagné au sprint après une échappée, et Paris-Vierzon(18) m’a permis de me tester sur un critérium d’attente. Ces succès ont été de vrais déclics et m’ont conforté dans mes capacités. Mon objectif est maintenant de performer sur des courses comme Annemasse – Bellegarde et retour, ma première en élite nationale.

Radio Peloton : Avec l’idée de faire encore mieux en 2025 ?

Quentin Mullois : Je suis encore en train de cerner mes objectifs précis, mais Annemasse – Bellegarde et retour est une course que je vise sérieusement. En dehors de mes ambitions personnelles, je souhaite aussi que le collectif brille, notamment sur des courses comme le Tour du Jumelage. En Open 1, l’esprit d’équipe reste essentiel.

Radio Peloton : Si vous deviez rêver plus grand, où aimeriez-vous voir voir dans le cyclisme dans les prochaines années ?

Quentin Mullois : J’avance pas à pas, sans brûler les étapes. Mon but est d’augmenter progressivement mon volume d’entraînement. En janvier, j’ai totalisé près de 80 heures entre vélo et renforcement musculaire. Mon objectif annuel est d’atteindre environ 17 000 km au total. Le plus important pour moi, c’est de garder le plaisir et les sensations. Mon père, qui est aussi mon coach, me suit et m’encourage dans cette progression.

Radio Peloton : Le cyclisme en Île-de-France est parfois confronté à des problématiques spécifiques, notamment en termes d’infrastructures et de sécurité. Quel est votre regard sur la place du vélo dans la région ?

Quentin Mullois : La sécurité reste un vrai enjeu. Je roule toujours en étant équipé d’un radar et de lumières pour être visible. J’ai déjà eu un accident en Île-de-France, ce qui m’a encore plus sensibilisé aux dangers. En course, certains aménagements, notamment aux entrées d’agglomérations, ne sont pas adaptés et peuvent s’avérer dangereux. Heureusement, les clubs assurent un bon encadrement pour minimiser les risques.

Radio Peloton : Le CM Aubervilliers 93 est un club ancré dans un territoire populaire. Penses-tu que le cyclisme est suffisamment accessible à tous, et que peut-on faire pour encourager plus de jeunes à s’y mettre ?

Quentin Mullois : A l’image du « velotaf », le vélo du quotidien est accessible, mais la compétition reste coûteuse. Entre le matériel, les licences et les cotisations, cela peut freiner certaines familles. C’est pourquoi des initiatives comme les interventions du club dans les écoles sont essentielles. Elles permettent aux enfants de découvrir les bases du vélo en toute sécurité et peut-être de développer une passion. Le cyclisme est un sport exigeant, mais il offre aussi énormément de satisfaction. Il faut savoir avancer à son rythme et garder du plaisir, que ce soit en course ou à l’entraînement.

 

Photo : Loïc Manceau.

Propos recueillis par Victor Grézaud.

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Interview de… Jérôme Singery (US Alfortville)

Le polo-vélo est une discipline méconnue mais qui possède une riche histoire en France, notamment à l’US Alfortville (Val-de-Marne), un club emblématique de ce sport. Jérôme Singery en est l’un des acteurs passionnés et engagés. Entre son parcours, la structuration du polo-vélo, les défis pour l’avenir , le joueur val-de-marnais nous livre son regard sur cette discipline et ses perspectives.

« Le polo-vélo mérite d’être mieux connu et reconnu »

Radio Peloton : Pouvez-vous nous raconter comment vous avez découvert le polo-vélo ?

Jérôme Singery : J’ai découvert le polo-vélo quand j’étais minime dans mon club, l’ES Gervais-Lilas, où je courais sur route. Ils avaient une section polo-vélo, et pendant une période hivernale, mon entraîneur de route m’a conseillé d’essayer le polo pour travailler le moulinage.Ce qui m’a attiré, c’est l’esprit d’équipe et le fait de découvrir une autre facette du cyclisme.

Radio Peloton : Quelques années plus tard, vous êtes devenu une figure emblématique de la discipline en région parisienne sous les couleurs de l’US Alfortville…

Jérôme Singery : L’US Alfortville est un club formateur et dynamique. Grâce à notre école de vélo, qui aide les jeunes à travailler leur adresse et leur équilibre, nous proposons plusieurs disciplines, aussi bien pour les jeunes que pour les adultes. Chaque année, nous participons au championnat de France et au championnat d’Europe, ce qui contribue à la reconnaissance du club.

Radio Peloton : Comment se prépare une saison de polo-vélo ?

Jérôme Singery : Une saison se prépare sur plusieurs plans. Physiquement, avec des entraînements sur route et du renforcement musculaire. Sur le terrain, on travaille la technique, les stratégies et l’entretien du matériel comme les vélos ou les maillets. Cette année, nos principaux objectifs sont de finir dans le top 3 du championnat de France et de décrocher le titre de champions d’Île-de-France. Un entraînement type commence toujours par un échauffement et un contrôle du matériel. Ensuite, on enchaîne les exercices de tir, les techniques spécifiques et les stratégies collectives. Pour bien performer, il faut avant tout être passionné, avoir une bonne hygiène de vie, s’entraîner régulièrement et posséder un véritable esprit d’équipe. L’exigence envers soi-même est également essentielle.


Radio Peloton : L’US Alfortville s’investit à l’échelle locale en polo-vélo…

Jérôme Singery : Chaque mardi soir, nous avons la chance de pouvoir utiliser une structure scolaire avec une cour et un gymnase, ce qui nous permet de toucher les jeunes directement dans leur environnement. Nous organisons aussi des tournois d’initiation avec d’autres clubs d’Île-de-France, comme Combs-la-Ville ou le Parisis AC 95, qui participent aussi à ce genre d’initiatives. Le partage des terrains n’est pas toujours simple. Nous partageons notre espace avec un club de football et un club de pétanque. Même si l’entente est bonne, il est parfois difficile de trouver des créneaux adaptés. Heureusement, avec une bonne communication et du respect entre les clubs, on parvient généralement à trouver des solutions.

Radio Peloton : La discipline a dû mal à reprendre son envol sur la région parisienne…

Jérôme Singery : Le plus gros défi est de réussir à conserver les budgets tout en attirant de nouveaux pratiquants, surtout les jeunes qui passent beaucoup de temps sur les écrans et moins sur les terrains de sport. Il faut les sociabiliser dans le monde réel et leur montrer la richesse de cette discipline.Pour mieux faire connaître le polo-vélo, il faut miser sur la communication, organiser des tournois d’initiation et proposer des démonstrations dans les écoles pour toucher un public plus large.

Radio Peloton : En tant que passionné de vélo, quel regard portez-vous sur l’évolution des sports cyclistes en général, notamment en Île-de-France ?

Jérôme Singery : En Île-de-France, peu importe la discipline, il reste beaucoup de choses à améliorer, notamment en termes de communication, d’image du sport et d’organisation, qui sont malheureusement en déclin.Les baisses de budget et la diminution du nombre de bénévoles impactent directement le développement des clubs. Il faut vraiment trouver des solutions pour redynamiser les sports cyclistes dans la région. En ce qui concerne la discipline que je pratique, Le polo-vélo est assez unique. Il allie technique, esprit d’équipe et passion. Il mérite d’être mieux connu et reconnu. Mon souhait est de voir plus de jeunes s’y intéresser et d’assurer un avenir solide à ce sport.

Propos recueillis par Victor Grézaud.

Photo : Loïc Manceau.

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Interview … d’Eddy Bevre (AJA-Franck Pineau)

Eddy Bevre est une figure incontournable du cyclisme amateur hexagonal ! Ancien sociétaire du VC Fontainebleau-Avon ou encore ancien président de l’AC Saltusien , il est l’homme derrière de nombreux événements phares à l’image de La Franck Pineau, La Cédric Pineau Gravel ou encore plus récemment le Challenge Franck Pineau. Ce dernier ouvrira ses portes ce dimanche à Chevannes (Yonne).

 

« Être acteur sur le terrain »

 

Radio Peloton : L’année 2025 s’annonce chargée pour vous avec la Franck Pineau, la Cédric Pineau et plus récemment la mise en place du Challenge Franck Pineau…

Eddy Bevre : Avec le Challenge Franck Pineau, nous proposons un événement de mars à septembre. Cette compétition est un défi structuré en plusieurs étapes. En ouverture de ces épreuves, des courses de niveau access et open sont aussi organisées.
La Franck Pineau est notre épreuve phare (28ème édition), avec des randonnées vélo route, VTT, gravel , même des parcours pédestres et un parcours trail. Tous les départs sont au Stade Abbé Deschamps à Auxerre. L’édition est ouverte à tous, y compris les amateurs de vélos couchés et e-bikes.
La Cédric Pineau Gravel(3ème édition) se concentre sur le nord du département avec des parcours variés pour les amateurs de gravel. Pour 2025, La Franck Pineau proposera neuf parcours de randonnée vélo route, deux parcours VTT, deux parcours gravel, trois parcours pédestres dont un dans Villeneuve- sur -Yonne pour faire découvrir l’histoire de cette ville avec un guide.

Radio Peloton : Comment vous est venue l’idée du Challenge Franck Pineau ?

Eddy Bevre : Ce challenge est né d’une idée partagée avec Franck Pineau. Nous avons créé « AJA Franck Pineau » avec l’AJA Auxerre pour structurer ces événements. L’objectif est clair . Redynamiser le cyclisme amateur local, surtout chez les jeunes, en proposant un trophée avec plusieurs épreuves, un classement général, et des maillots distinctifs de classements annexes.

Radio Peloton : Organiser des manifestations sportives est un véritable défi logistique…

Eddy Bevre : Sur La Franck Pineau, nous mobilisons entre 60 et 80 bénévoles le jour de la manifestation. La Cédric Pineau gravel étant en développement nous sommes une vingtaine de bénévoles le jour -J. Concernant, notre challenge, cela dépend aussi du parcours, mais pour le prix d’ouverture, nous comptons une trentaine de personnes qui nous aide. Ils assurent la sécurité, les inscriptions, la gestion des parcours et l’animations. Nous bénéficions aussi du soutien de médias spécialisés comme Cycle Magazine, Vélo Tout Terrain Magazine et Radio Peloton.

Radio Peloton : Quelles sont vos attentes autour de cette épreuve ?

Eddy Bevre : Pour 2025, l’objectif est d’accentuer notre focus sur les jeunes U15 et U17. Le lancement du Challenge Franck Pineau est un premier pas. À long terme, nous souhaitons en faire un événement de référence régionale et renforcer la visibilité de nos partenaires pour pérenniser ce challenge.L’idée est aussi de donner l’envie de monter sur un vélo à nos jeunes dans nos villages, en voyant passer à tous les tours nos champions de demain.

Radio Peloton : Ce Challenge redynamise également le cyclisme FFC dans l’Yonne qui était en perte de vitesse ces dernières années…

Eddy Bevre : L’idée est de multiplier les opportunités de compétition et d’animer la scène cycliste locale. C’est une première et nous ferons un bilan en fin de saison. Le sport est un levier formidable pour créer du lien social et valoriser les territoires. Nos événements permettent aux jeunes de s’initier au cyclisme et de rêver d’accéder à un niveau plus élevé. Mais avant tout, le sport et le cyclisme en particulier, c’est aussi l’école de vie.

Radio Peloton : Au cours des dernières décennies , le cyclisme icaunais est intimement lié à la famille Pineau décennies…

Eddy Bevre : Dans les années 80 et début 90, Franck a été le seul coureur du département chez les « pros » donc forcément c’était une référence. Je me souviens qu’il était dans l’organisation du critérium d’après tour à Briennon sur Armançon alors qu’il était encore coureur et qu’il l’a remporté quand j’étais gamin en 1990. Il roulait avec les minimes et cadets l’hiver, malgré son programme d’entrainement sa saison professionnel, cela fait de bons souvenirs. Quand Franck, m’a appelé pour m’occuper de sa randonnée, cela a été une fierté pour moi. Etant copain également de Cédric, son fiston qui a été longtemps professionnel, on a créé La Cédric Pineau Gravel depuis 2022.

Radio Peloton : Vous aurez également une licence de coureurs en FFC et Ufolep cette saison…

Eddy Bevre : J’ai pris une licence UFOLEP à l’US Nemours-Saint-Pierre car c’est le club de ma famille et une licence FFC avec l’AJA Franck Pineau. Mon but est de participer à quelques compétitions locales et de promouvoir le Challenge en étant acteur sur le terrain si j’ai un peu de temps pour m’entrainer. Même si le monde avance, avec Franck, on est nostalgique des courses autour de nos clochers avec la fête foraines et autres festivités, c’est pourquoi le but de ce nouveau Challenge Franck Pineau est simple . Essayer de faire rêver les jeunes tout en renforçant les liens entre le cyclisme amateur et notre territoire.

Pour en savoir plus sur le Challenge Franck Pineau, rendez-vous sur www.lafranckpineau.fr

Photo : Loïc Manceau. 

Propos recueillis par Victor Grézaud.

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Interview de … Cyrielle Bourguignon (Team Cycliste en Danseuse)

Cyrielle Bourguignon fait partie des féminines qui écument les cyclo-cross de la région parisienne durant l’intersaison ! Ancienne spécialiste d’aviron dans l’Orléanais, la sociétaire du Team Cycliste en Danseuse (Seine-et-Marne) ne démord pas d’ambitions pour 2025.

« Plus je fais de courses, plus je me sens à l’aise

Radio Peloton : Cyrielle, cela fait peu de temps que vous pratiquez le cyclisme en compétition…

Cyrielle Bourguignon : J’ai commencé le cyclisme en 2020, et j’en suis à ma troisième saison de compétition. J’ai fait une pause durant la saison 2022/2023 où je n’ai pas du tout couru car je suis partie huit mois en Amérique latine. A mon retour en avril 2023, j’ai repris l’entraînement puis la compétition en 2023/2024.

Radio Peloton : Vous avez une progression constante sur route …

Cyrielle Bourguignon : L’année dernière, j’ai travaillé afin d’améliorer mon endurance fondamentale, mon rythme cardiaque montait vite et haut, il fallait que je puisse travailler ce côté-là. Pour la route plus spécifiquement, je me suis entraînée sur des circuits comportant des côtes, notamment dans le coin de Saint Cyr- sur -Morin ou ça monte bien afin de m’améliorer. Je suis assez grande. Ma taille et mon poids ne sont pas des atouts lorsque ça grimpe. (sourires)

Radio Peloton : Mais également en cyclo-cross…

Cyrielle Bourguignon : Dans cette discipline, j’ai surtout cherché à améliorer ma technique. Plus je fais de courses, plus je me sens à l’aise. J’essaie d’en faire le plus possible, dans les deux fédérations FSGT et Ufolep.

Radio Peloton : Comment jugez-vous votre saison dans les sous-bois ?

Cyrielle Bourguignon : Je me suis blessée deux fois en début de saison . Au mollet en septembre / octobre, puis à la cheville avec une belle entorse en décembre. Cependant, je suis plutôt contente de ma saison, j’ai quand même réussi à faire quelques courses. Je me suis adaptée et ai fait beaucoup de musculation, surtout le haut du corps, bien pratique en cyclo-cross.

Radio Peloton : Cette progression est d’ailleurs récompensée par deux podiums aux régionaux Ufolep et FSGT en cyclo-cross…

Cyrielle Bourguignon : Le 5/01 j’ai couru le championnat Régional FSGT ou je finis troisième. J’étais très contente de ce podium. Puis j’ai couru le 12/01 au championnat Régional UFOLEP ou je prends la deuxième place . Je me suis sentie en forme physiquement et suis assez satisfaite de ma préparation malgré les blessures

Radio Peloton : Quel est votre parcours francilien de cyclo-cross préféré ?

Cyrielle Bourguignon : Je dirais le cyclo-cross de Bois- le- Roi (Seine-et-Marne). Le circuit comporte des parties techniques (le sable, des dévers, montées d’escaliers). Je pense à celui-là car l’année dernière j’avais beaucoup peiné à cause de la technicité du circuit. Cette année, je me suis sentie beaucoup plus à l’aise et ai pu constater mes progrès. J’ai en plus mené une belle bataille pour la seconde place avec un copine licenciée dans le Nord, c’était très sympa.


Radio Peloton : Vous avez effectué vos premiers tours de roues en FSGT…

Cyrielle Bourguignon : Effectivement, cette année le club s’est affilié à la FSGT, j’ai pu découvrir de nouveaux circuits, un nouveau règlement et de nouveaux, nouvelles concurrentes. Globalement, je dirais que le niveau est assez similaire même si j’ai pu rouler avec des filles vraiment très fortes, avec une super technique. La grosse différence est le nombre de coureurs au départ .En FSGT il y a beaucoup plus de monde, cela demande de s’adapter pour les départs, pour doubler.

Radio Peloton : Sur quel plan pensez-vous devoir encore progresser ?

Cyrielle Bourguignon : Sur deux plans : d’abord le départ où je subis encore trop la montée rapide du cardio, il me manque cette explosivité nécessaire à être en tête dès le début. Ensuite techniquement, je le constate à chaque CX quand je perds quelques secondes à chaque virage parce que je freine encore trop souvent. Cela ne représente que quelques secondes à chaque fois mais sur l’ensemble des tours l’addition est salée à la fin, jusqu’à 30 ou 40 secondes !

Radio Peloton : Vous portez les couleurs du Team Cycliste en Danseuse présidé par votre père, Frédéric Bourguignon…

Cyrielle Bourguignon : Je m’y sens très bien, il s’agit d’un club de famille, mon père étant le fondateur, le président et l’un des membres les plus actifs. Mes parents s’y investissent énormément, entre les organisations, la vie du club, la recherche de sponsors, le bien être des membres. Chaque dimanche, Valérie, Sophie, Christiane qui ne sont pas cyclistes sont pourtant présentes .Elles font des gâteaux, encouragent, passent les bidons. Je ne peux qu’être admirative de cet investissement et j’aime mon club pour ça, pour ces valeurs de partage, d’envie et de passion. Sans eux rien ne pourrait se faire.

Radio Peloton : Quel serait votre plus grand rêve dans le vélo ?

Cyrielle Bourguignon : Je souhaiterai un jour pouvoir gagner un titre national, porter le maillot tricolore et ramener ce titre au Team Cycliste en Danseuse.

Radio Peloton : Avec quelle motivation abordez-vous 2025 ?

Cyrielle Bourguignon : Beaucoup de motivation, je me sens encore novice dans le cyclisme, j’ai encore beaucoup à apprendre. Je m’entraîne durement chaque semaine afin de m’améliorer, je pense avoir encore une belle marge de progression.

Radio Peloton : Quels sont vos modèles chez les pros masculins et féminines sur route ?

Cyrielle Bourguignon : Chez les masculins, j’apprécie le coureur américain Sepp Kuss. Son année 2023 fut incroyable autant pour avoir remporté le Tour d’Espagne que pour son esprit d’équipe. Il a été exemplaire ; montrer que les leaders ont absolument besoin d’une équipe et d’équipiers qui se « sacrifient » pour eux. Les grands tours ne se gagnent jamais seuls. J’aspire à rouler avec cet état d’esprit. Chez les féminines Lotte Kopecki avec son palmarès épatant, une puissance au sprint qui laisse rêveuse. Pour l’année à venir, j’ai hâte de découvrir Pauline Ferrand-Prévôt sur la route, le passage du VTT à la route me semble promettre une belle découverte.

Radio Peloton :  Et en cyclo-cross ?

Cyrielle Bourguignon : Lucinda Brand, elle ne lâche jamais rien, elle a un mental d’acier et n’arrête jamais avant la fin. Cet état d’esprit lui a permis d’aller gagner quelques très belles courses cette saison. Côté masculin, Lars Van Der Haar, pour la longévité de sa carrière, son esprit sportif. Il s’est illustré il y a peu en se remettant l’épaule avec sa selle durant le CX de Gullegem.Je ne conseillerais pas de reproduire ça mais cela montre à quel point ces coureurs sont des guerriers.

Photo : Loïc Manceau. 

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